En moins de deux ans, le modèle économique de WinDev a profondément changé : fin de la licence perpétuelle, abonnement annuel, puis, avec la version 2026, une facturation liée aux sessions utilisées chez les clients finaux. Pour une entreprise dont l'activité repose sur une application WinDev, la question n'est plus seulement technique : elle devient budgétaire et stratégique.
Cet article fait le point sur ce qui est connu à ce jour, puis détaille les options réalistes, de la plus prudente à la plus ambitieuse. Il ne remplace pas une lecture attentive de vos propres contrats et devis.
Ce qui a changé, dans l'ordre
- Novembre 2024Rachat de PC SOFT
L'éditeur de WinDev, WebDev et WinDev Mobile est racheté par Volaris Group, filiale du canadien Constellation Software. Le rachat n'est rendu public qu'au printemps 2025.
- 2025Fin de la licence perpétuelle
Le dongle et la licence perpétuelle disparaissent au profit d'un abonnement annuel par développeur. D'après les chiffres relayés par l'association WX Alliance, le coût annuel passe d'environ 749 € (mise à jour) à environ 1 068 € (abonnement), soit une hausse d'environ 40 %.
- Juin 2026Facturation à la session avec la version 2026
Les nouvelles offres sont structurées en paliers de sessions (de Bronze, 5 sessions, à Titanium, 100 sessions). Le tarif catalogue d'une session supplémentaire relevé dans l'offre Bronze est de 290 € HT, avec une offre de lancement autour de 200 €. Aucune grille publique exhaustive n'est publiée : les montants passent par devis.
- Juin 2026 →Levée de boucliers
Pétition de la WX Alliance (plus de 1 600 signatures), questions écrites à l'Assemblée nationale, nombreux témoignages d'éditeurs et de DSI sur les forums spécialisés.
Les montants ci-dessus proviennent des offres commerciales relevées et relayées par la presse spécialisée ; ils peuvent varier selon votre contrat. Vérifiez-les toujours sur votre propre devis PC SOFT.
Qui est concerné ?
Le changement touche trois profils, de façon très différente :
- Les éditeurs de logiciels WinDev, qui vendent une application à leurs clients : la redevance vient s'ajouter à leur prix de revient, sans que leurs contrats clients l'aient prévue.
- Les entreprises utilisatrices, dont le logiciel métier a été développé en WinDev par un prestataire ou en interne : elles n'ont souvent jamais contracté avec PC SOFT, mais le coût de fonctionnement de leur outil dépend désormais de sa grille tarifaire.
- Les services informatiques internes qui maintiennent des applications WinDev : le budget devient proportionnel au nombre d'utilisateurs, ce qui pénalise précisément les applications qui réussissent.
Selon les informations disponibles, les applications compilées avec des versions antérieures à la 2026 conservent leur modèle de licence d'origine. C'est un point important : il laisse un délai pour réfléchir, mais pas indéfiniment.
Faire ses comptes
Pour mesurer votre exposition, trois chiffres suffisent : le nombre de développeurs, le nombre de postes ou de sessions utilisant l'application, et le prix unitaire figurant sur votre devis.
Une application utilisée sur 200 postes, avec une session facturée 250 € HT par an, représente 50 000 € HT par an de redevance, en plus des abonnements développeurs. Sur cinq ans, c'est le budget d'une migration complète pour beaucoup d'applications de taille moyenne.
Ce calcul n'a de sens qu'avec vos chiffres réels. Mais il montre pourquoi la question se pose aujourd'hui dans les comités de direction, et plus seulement au service informatique.
Les 5 options possibles
1. Rester sur une version antérieure à la 2026
C'est l'option la plus rapide : on gèle l'environnement de développement sur la dernière version sous l'ancien modèle.
Pour : aucun coût supplémentaire immédiat. Contre : plus d'évolutions de l'outil, risques croissants de compatibilité (nouvelles versions de Windows, navigateurs, sécurité), et difficulté à recruter pour maintenir un environnement figé. C'est une solution d'attente, pas une stratégie.
2. Accepter le nouveau modèle et le négocier
Si l'application fonctionne bien, qu'elle a peu d'utilisateurs, ou que la migration serait disproportionnée, rester sur WinDev peut être rationnel.
Pour : aucun risque technique. Contre : un coût récurrent qui dépend d'un tiers et peut encore évoluer. Dans ce cas, négociez sur la base d'un inventaire précis de vos sessions réelles, et inscrivez le sujet dans votre budget pluriannuel.
3. Réduire l'exposition
Toutes les fonctionnalités n'ont pas le même nombre d'utilisateurs. Souvent, une poignée d'écrans (saisie terrain, consultation, portail salariés ou clients) concentre la majorité des sessions.
L'idée : déplacer ces usages à fort volume vers une application web .NET adossée à une API, et conserver en WinDev les fonctions d'administration utilisées par quelques personnes. Pour : gain rapide sur la facture, risque limité. Contre : deux technologies à maintenir pendant un temps.
4. Migrer progressivement vers .NET
C'est l'option qui offre le meilleur rapport entre sécurité et indépendance à moyen terme. L'application est découpée en modules ; chaque module est réécrit en .NET, mis en production, puis retiré de WinDev. Les données HFSQL sont migrées vers PostgreSQL ou SQL Server, avec une synchronisation pendant la transition.
Pour : pas de « big bang », l'activité continue, le coût est étalé et piloté. Contre : un projet sur plusieurs mois, qui demande une vraie connaissance des deux mondes. L'approche est détaillée ici.
5. Tout réécrire, ou remplacer par un progiciel
Parfois justifié quand l'application est ancienne, mal documentée et que le métier a changé. Mais une réécriture complète est le scénario le plus risqué : coût élevé, effet tunnel, et règles métier oubliées en route. Le remplacement par un logiciel du marché (ERP, SIRH, etc.) peut être pertinent si vos besoins sont standards.
Comment décider
Avant de choisir, répondez à ces questions :
- Combien de sessions ou de postes utilisent réellement l'application, et quelles fonctionnalités concentrent l'usage ?
- Qui connaît le code aujourd'hui ? Est-il documenté ?
- Quelle est la volumétrie de la base HFSQL et sa qualité ?
- Quelles sont les échéances qui comptent (fin de contrat, renouvellement d'abonnement, projet métier) ?
- Quel est le coût de la redevance sur 3 à 5 ans, comparé à celui d'une migration ?
C'est précisément l'objet d'un audit d'application : en quelques jours, vous obtenez un inventaire, une estimation de votre exposition et une feuille de route chiffrée pour chaque option. Vous décidez ensuite, en connaissance de cause, et sans précipitation.
Sources
- Programmez! — PC Soft : après le rachat, une grogne des développeurs WinDev ?
- Platane — Redevance WinDev : ce que le nouveau PC SOFT change pour votre logiciel métier
- Louis Planquart — La redevance runtime brise la confiance
- Yield Studio — Redevance WinDev et rachat de PC Soft : faut-il quitter WinDev ?
- Developpez.net — Discussion sur la politique tarifaire PC SOFT
Article rédigé le 23 septembre 2026 à partir des informations publiques disponibles à cette date. WinDev, WebDev et HFSQL sont des marques de PC SOFT. Cet article ne constitue pas un conseil juridique ou contractuel.